

Enregistrement
:
Paris, Eglise Réformée de l'Annonciation 07/2002
Prise de son :
Michel BLANVILLAIN
Photo :
Michel MONTEAUX
(P) SEPM QUANTUM 2001
QM 7023 - DDD
••• EURÀVENT |
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Partita
N° 2 en ré mineur pour violon seul,
BWV 1004 de J.S. Bach. |
C'est à la cour du Prince Léopold d'Anhalt-Cothen
que J.S. Bach composa et termina en 1720 ses trois sonates
et trois partitas pour violon seul. Il est à noter que le manuscrit
original a été redécouvert par hasard en 1814 à St Pétersbourg en
Russie parmi un lot de vieux papiers destinés à empaqueter du beurre
dans une crémerie...
L'œuvre s'ouvre sur une Allemande à la construction très fluide
et sans doubles cordes. Cette Allemande très épurée s'écoule majestueusement,
son caractère fluide renforce la noblesse qui s'en dégage.
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La Courante, ici en rythme ternaire, projette
de façon incisive son côté intense et brillant. Bach fait
alterner les triolets et les rythmes pointés de façon judicieuse
et inspirée.
La Sarabande, émouvante et plaintive est construite sur le modèle
traditionnel, il est à remarquer cependant que Bach termine
la Sarabande par une coda de quatre mesures à l'atmosphère apaisée
certes, mais toujours douloureuse.
La Gigue, à l'élan plein d'esprit, est écrite en 12/8, qui est le
rythme originel de la gigue-danse, elle nous mène avec effervescence
jusqu'à la Chaconne.
La Chaconne, mouvement final de l'œuvre est construite sur un thème
en ré mineur suivi de variations luxuriantes et virtuoses. La deuxième
partie en ré Majeur, avec ses riches et lumineuses variations aux
touches harmoniques subtiles nous ramènent en ré mineur où, par
d'ultimes et grandioses variations, l'œuvre est parachevée dans
un retour au thème initial, apothéose finale.
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Sonate
pour violon seul de Béla Bartok.
C'est aux USA, où il est arrivé en 1940 poussé à l'exil par la guerre,
que Bartok compose sa Sonate pour violon seul, commandée par
Yehudi Menuhin. Il y vit misérablement, dénué de tout et déjà
atteint de la leucémie qui l'emportera en 1945. La Sonate sera terminée
le 14 mars 1944 et créée le 26 novembre 1944 par Menuhin à New-York.
La Sonate commence par un Tempo di Ciaccona, Bartok y introduit
dans le thème initial polyphonique, le rythme si caractéristique de
la chaconne. Le second thème, imprégné de musique folklorique entre
en jeu, permettant à ces deux thèmes de s'opposer sous forme de variations.
Fuga : nous avons ici une fugue à quatre voix, un tour de force digne
des prodigieuses fugues des Sonates pour violon seul de J.S.Bach.
Les retours successifs du thème de la fugue sont enrichis chaque fois
par des moyens inventifs, variés et de goût.
Melodia : ce beau chant à l'insondable tristesse tout imprégné de
couleurs évocatrices des paysages et d'atmosphères du pays natal si
cher à Bartok. Les notes harmoniques de fin de phrases, en
caresse de flûte de Pan, aussi la sourdine, en milieu de mouvement,
ajoutant cette touche qui rend si déchirante la nostalgie imprégnant
tout ce mouvement de climat presque irréel.
Presto : commençant "pianissimo" avec sourdine, crée ce mystère prenant.
Ce début, en mouvement perpétue alterne avec une deuxième partie où
percent maints éléments de musique hongroise traditionnelle, surtout
sous sa forme rythmique, thème dansant, abrupt, incisif où la syncope
est reine, un Final haletant, avec en fin de parcours un dernier motif
"piano" avant l'envol en feu d'artifice. |
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"Nel Cor più non mi Sento" de Niccolo Paganini.
Lors d'un de ses concerts, Paganini
s'inspira de l'opéra "La Molinara" de Giovanni Paisiello,
peu soucieux de la postérité de ses oeuvres, Paganini improvisait
souvent sur des thèmes à la mode sans aucune partition. Ce fut un
admirateur, lui-même compositeur qui, assistant au concert, transcrivit
sur le moment l'œuvre sur papier. La prestation de Paganini
relevait du prodige et de l'inspiration en soi. L'œuvre, en sol
Majeur, commence, comme souvent chez Paganini lorsqu'il traite un
thème en variations, par une introduction originale suivie du thème
prétexte à l'œuvre, ici traité avec "accompagnement" en pizzicati.
Après quatre variations en sol Majeur, la cinquième, lente et en
sol mineur, nous plonge dans cette douceur mélancolique, caractéristique
du Bel Canto italien. La sixième et dernière variation reprenant
sol Majeur est traitée d'un bout à l'autre, Coda incluse, en bariolage
ricoché, l'œuvre s'achève dans une ultime explosion de pizzicati.
Cette oeuvre rayonne par son élan jubilatoire qui la porte et la
transporte pour finir en flamboyance Dans le domaine de la virtuosité,
il s'agit d'une oeuvre de feu.
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